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Alors que les sirènes de la surconsommation n’ont jamais retenti aussi fortement, le Green Friday, alternative au Black Friday et ses promotions incitatrices et trompeuses, revient en force cette année, plus que jamais déterminé pour contrer le vendredi noir.

Si la crise actuelle malmène les petits commerces, les géants comme Amazon et Carrefour enregistrent des ventes records. A travers différentes actions de sensibilisation, le collectif dénonce ce qui se cache sous les prix cassés, crie l’urgence de changer nos habitudes de consommation et invite les citoyens à prendre conscience du pouvoir de notre acte d’achat. Plus de 500 marques ont rejoint le mouvement. Dans une tribune, Jean-Paul Raillard, Président du Green Friday affirme sa position : l’hyperconsommation ne peut être la solution du monde d’après.

Le Green Friday 2020

Le #GreenFridayChallenge, 30 jours pour changer ses habitudes de consommation a été lancé sur instagram pour compléter le dispositif. A travers des petits défis lancés chaque jour sur les réseaux sociaux sous forme d’anecdotes ou d’action ou vérité, le collectif Green Friday invite les citoyens à repenser leur mode de consommation et donne des pistes simples pour passer de consommateur à consomm’acteur.

Événement éco-citoyen, collectif militant, journée de sensibilisation, le Green Friday c’est un peu tout ça à la fois. Le principe ? Sensibiliser à la consommation responsable et dénoncer la logique du Black Friday, sans culpabilisation, mais en remettant les choix citoyens au coeur des enjeux environnementaux et sociaux liés à la consommation.

Cette année, à travers une grande campagne print et web articulée autour d’un manifeste, nous souhaitons rappeler l’importance des actions individuelles. Réparer ou donner plutôt que jeter, allonger les durées de vie, acheter local, choisir des produits labellisés… il n’y a pas de petits gestes si on est 7 milliards à les faire !

Devenu un événement populaire de grande ampleur, le Green Friday rassemble cette année plus de 500 marques dont chaque candidature a été étudiée et validée par le collectif. Seules les marques sincèrement engagées dans une démarche éco-responsables sont retenues. En adhérent au collectif, elles s’engagent à ne pas faire de promotions et à reverser 10% du chiffre d’affaires de la journée du 4 décembre à des associations.

Tribune de Jean-Paul Raillard, Président du réseau ENVIE et du Green Friday

Consommer pour ne pas s’ennuyer. Consommer pour remplir nos nouveaux besoins. Consommer vite. Consommer mal.

À l’aube du Black Friday, les sirènes de la surconsommation n’ont jamais retenti aussi fortement malgré la loi contre le gaspillage et pour l’économie circulaire votée en février 2020 qui a interdit ce genre de manifestation, hors des périodes légales de soldes.

Dans un contexte dramatique où nous faisons tous face à une grave menace sanitaire et économique qui frappe durement les plus démunis et rejette dans la pauvreté de nouvelles catégories de population, cette communication à outrance est indécente et doit nous rappeler que l’hyperconsommation ne peut être une solution du monde d’après. 

Consommer de façon responsable alors que le pouvoir d’achat est en baisse, ce n’est pas consommer à tout prix en cédant à l’illusion d’un prix d’appel qui serait forcément le plus avantageux. Ce n’est pas non plus consommer vite donc consommer mal. Consommer de façon responsable, c’est encore et toujours s’interroger sur nos besoins réels, sur le contenu en ressources naturelles, en conditions de travail, en revenu décent, en dépense énergétique des produits ou des services que l’on souhaite acheter.

La fermeture de nombreux commerces de proximité malmenés par le confinement et la crise économique ainsi que le boom actuel des ventes en hypermarchés et sur les plateformes en ligne ne sont pas forcément de bonnes nouvelles pour ce monde d’après auquel nous aspirons mais sans trop le voir venir. Carrefour enregistre depuis le début de l’année des performances inédites depuis vingt ans tandis qu’Amazon a fait état, fin octobre, d’un triplement de son résultat déjà au plus haut.

Les promotions illusoires, les prix « attractifs », les solutions clés en main masquent le plus souvent des coûts du travail au rabais, un éloignement énergivore entre les lieux de production et ceux de consommation, une surconsommation déraisonnée des ressources naturelles. Cette course à la compression maximale de tous les coûts de la chaîne de valeur est ainsi dangereuse par les effets qu’elle produit en dégâts sociaux et environnementaux souvent irrémédiables.

Ces pratiques nous déresponsabilisent, nous consommateurs, car la réalité sociale et environnementale qui nous lie à l’objet que nous acquérons devient de moins en moins palpable et seul le prix final reste visible.

Mais une alternative existe. Nous appelons donc aujourd’hui tous les citoyens qui ont à cœur une consommation plus humaine à prendre conscience du pouvoir de notre acte d’achat. En choisissant un produit durable, réparable, de seconde main, plutôt qu’un produit vendu à un prix manifestement trop bas pour être « juste », nous conservons tout autant notre pouvoir d’achat mais surtout nous préservons davantage les emplois locaux et la planète.

Choisissons d’apprendre à mieux consommer, à réparer ou réutiliser pendant ce temps du Green Friday et surtout après. Nous nous en porterons beaucoup mieux et la planète aussi !

Jean-Paul Raillard, Président du réseau ENVIE et du Green Friday

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